mardi 17 mai 2011

Juste une petite idée qui m'est passée par la tête, ce matin...La réalité ne peut pas être limitée.

Je suis subjugué par le rapprochement des mystiques orientales(Tao, les védas, zen, boudhisme..) et la physique moderne, il y a un aspect dans le bouddhisme qui m'a étonné c'est l'interpénétration et l'interdépendance des phénomènes. Cette interdépendance, actuellement un des aspects de recherche en physique des particules surtout le "Champ unifié" chez les théoriciens des cordes...bref

Abandonner les concepts est d'une importance fondamentale pour une personne qui médite. Quand nous observons, notre corps, nos sentiments, nos pensées, nos perceptions, nous les situons dans l'espace et le temps, comme lorsque nous observons des phénomènes physiques. Nous imaginons les phénomènes psychologiques comme des phénomènes physiologiques et physiques.
On peut demander : "Quand l'esprit devient l'objet de sa propre observation, est-ce que c'est l'esprit lui-même qui est saisi ou seulement une projection ou un reflet de l'esprit?" Bonne question..

Notre esprit crée des catégories - espace et temps, au-dessus et au-dessous, intérieur et extérieur, moi-même et les autres, cause et effet, naissance et mort, un et plusieurs - et classe tous les phénomènes psychologiques et physiques dans des catégories de ce type avant de les examiner et d'essayer de déterminer leur vraie nature. C'est comme de remplir plusieurs bouteilles de forme et de tailles différentes avec de l'eau afin de trouver la forme et le volume de l'eau. La vérité elle-même transcende ces concepts. Aussi, si on veut y accéder, on doit se débarrasser des catégories conceptuelles qu'on utilise dans la vie quotidienne normale. La théorie de la relativité déclare que, si on n'abondonne pas l'idée que l'espace et le temps sont absolus et indépendants l'un de l'autre, on ne peut pas faire de progrès dans la compréhension de l'univers. La théorie des quanta également dit que si on veut comprendre le monde des particules subatomiques, on doit laisser derrière nous les notions de matière et d'espace vide, de cause et d'effet, de devant et de derrière, ces concepts si utiles dans l'existence de tous les jours.
C'est incroyable qu'il existe une soutra bouddhiste (Avatamsaka) qui se rapproche de la relativité et qui stipule qu'en abondonnant les concepts d'espace et de temps absolu, plusieurs concepts associés qui nous ont longtemps servi de modèles commencent à se fissurer. Les théoriciens de "l'impulsion initiale" admettent que toutes les particules atomiques, comme les électrons, ne peuvent pas exister indépendamment les unes des autres. Ce sont en fait des "interconnexions" entre des particules qui sont elles-mêmes des "interconnexions" entre d'autres particules. Aucune particule n'a une nature indépendante. Ceci est très proche de l'interdépendance, de l'interpénétration. Les bouddhistes nomment ça l'inter-être dans l'Avatamsaka.
La théorie de la relativité a eu une influence déterminante sur notre compréhension des particules nucléaires. La masse n'est qu'une forme d'énergie, nous en arrivons à la conclusion que les interconnexions entre les particules sont elles-mêmes des réalités dynamiques d'un espace-temps quadridimensionnel. Pour les chercheurs modernes, une particule nucléaire, comme un "grain de poussière" ou le "bout d'une cheveu" dans la soutra Avatamsaka, est une combinaison d'espace et de temps. Ces particules peuvent être considérés comme un "grain" de temps, de la même façon qu'il est dit que le plus bref instant possible (ksana en tibétain) contient non seulement le passé, le présent, mais aussi la matière et l'espace. Une particule ne peut plus être conçue comme un objet tridimensionnel (comme une bille ou un grain de poussière) situé ou suspendu dans l'espace. C est devenu plus abstrait pour nos esprits. Les électrons, par exemple, peuvent être appelés des "corps quadrimentionnels dynamiques dans l'espace-temps" ou des "ondes de probabilités". On doit garder à l'esprit que des mots comme "Particule", "Corps", et "onde" n'ont plus le même sens que dans le langage ordinaire. La physique moderne a lutté pour aller au-delà et transcender le monde des concepts et par concéquent, les particules sont dorénavant considérés comme des quantités mathématiques abstraites. Certains théoriciens(Planck, Bohr,Heiseinberg,Dirac...),comme l'affirment aussi les sutra boudhistes comme l'Avatamsaka, déclarent que les propriétés des particules qui composent notre monde ne sont rien d'autre que des créations de leurs propres esprits, qu'en réalité, les particules n'ont pas de propriétés indépendantes des esprits de ceux qui les observent. Cela implique que dans le mondes particules, l'esprit qui percoit la réalité, en fait, la crée.
L'objet de l'esprit et l'esprit lui même ne peuvent pas être séparés.
Les physiciens ne peuvent pas observer quoi que ce soit avec une totale objectivité.
Leurs esprits ne peuvent pas être dissociés des objets. John Wheeler, grand physicien, a suggérer de remplacer le terme "d'observateur" par celui de participant.
Pour qu'il ait observateur, il doit y avoir une stricte frontière entre le sujet et l'objet, mais avec un participant, la distinction entre le sujet et l'objet s'arrête et même disparaît, l'expérience directe est possible. Cette notion du participant/observateur est très proche de la pratique méditative.
Quand on médite sur notre corps, selon la Soutra Satipatthana, on médite sur le "corps dans le corps" ça signifie qu'on ne considère pas notre corps comme un objet séparé, indépendant de notre esprit qui est entrain de l'observer.
La méditation ne consiste pas à évaluer ou à réfléchir sur l'objet de l'esprit, mais à le percevoir directement, chez les tibétains, c'est la perception sans discrimination.
L'habitude de distinguer l'esprit de son objet est si profondément ancrée en nous que c'est seulement graduellement, grâce à la méditation, que nous pouvons l'éradiquer. Il y a une phrase qui a changé ma vie de Erwin Schrodinger, un des fondateurs de la mécanique des quanta, après avoir réfléchit sur le soi, la vie et la mort, l'univers, l'unité et la multiplicité, il écrivit :
"Ainsi, vous pouvez vous jeter à plat ventre sur le sol, vous étendre sur la Terre Mère, avec la conviction absolue que vous ne faites qu'un avec elle et qu'elle ne fait qu'un avec vous. Vous êtes aussi fermement enraciné et aussi invulnérable qu'elle est l'est, et même un millier de fois plus enraciné et plus invulnérable. Aussi sûrement qu'elle vous engloutira demain, elle vous fera renaître pour affronter de nouveaux efforts et souffrances. Et pas simplement "Un jour peut-être": maintenant, aujourd'hui, chaque jour où elle elle vous donne naissance, pas une fois, mais des milliers de fois, de la même façon que chaque jour elle vous engloutit des milliers de fois. Pour l'éternité et pour toujours, il y a seulement "maintenant", un seul et même maintenant; le présent et la seule chose qui n'ait pas de fin"

Si une vision telle que celle de Schrodinger est bien présente dans notre vie quotidienne, nous serons impassibles devant la vie et la mort.